Ouvrir une parenthèse

Nous somme le mercredi 18 mars, il est 20h34 et je sèche mes larmes. Je ne suis pas triste. Enfin. Je ne suis pas que triste. Si je pouvais décrire ce que je ressens en une chanson, cela en serait une qui vous porte, qui vous éveille, qui vous bouscule, qui vous interpelle, qui vous émeut… qui vous fait vibrer, qui vient toucher votre cœur, le blesser, le serrer et aussi le réchauffer… et je réalise que je suis vivante, bien vivante et que ça, c’est une chance.

Signes avant coureurs

Un ami me parlait depuis plusieurs semaines de ce qu’il se passait en Chine, m’alertant déjà sur le fait que le virus allait poursuivre son chemin et était déjà en train d’arriver à nos frontières. Je l’ai écouté, j’ai enregistré ses messages d’alerte mais je n’ai pas nécessairement changé mes habitudes de vie. Puis tout s’est accéléré et la suite, vous la connaissez.

Ce matin, j’ai envoyé un message à cet ami pour le remercier, je lui ai adressé ma gratitude car grâce à ses mises en garde, j’ai été prévoyante, j’ai remis à plus tard mon escapade maritime et j’ai commencé mon confinement dès samedi soir sans attendre des instructions venant «d’en haut».

Montagnes russes

Ces quatre derniers jours, j’ai l’impression d’avoir fait plusieurs tours de grand huit en huis clos et je ne dois pas être la seule. Je me suis sentie à la fois sereine de mon choix de rester à Paris et dans la préparation de mon confinement, heureuse d’avoir des connexions profondes et enrichissantes… mais aussi inquiète pour mes proches qui sont obligés d’aller travailler, agacée de voir autant de gens qui ne prennent aucune précaution car le danger même si il n’est pas encore visible reste bien présent… En somme, j’ai bien exploré mes ressentis et je suis heureuse de pouvoir les accueillir quelqu’ils soient !

Point de catharsis

Il y a quelques minutes, j’étais sur mon balcon car j’avais rendez-vous avec une ribambelle d’inconnus ayant ouvert grand les surfaces vitrées de leurs lieux de confinement pour applaudir à l’unisson ceux qui pansent nos blessés.

La nuit était déjà tombée : je pouvais voir l’antre des foyers orangés, leurs occupants telles des ombres qui, anonymement, ont contribué aux vagues de claquements et sifflements joyeux. Cela fait 12 ans que j’habite ici, en haut de «ma » tour, et c’est la première fois que je me sens aussi présente et connectée à mes voisins de quartier.

Et c’est là que mes larmes ont coulé, nettoyant toutes particules de ressentiment pour entrer pleinement en communion avec les êtres avoisinants et célébrer le courage des soignants.

Personne ne sait quand nous pourrons fermer cette parenthèse, reprendre notre souffle, nos chemins de vie sans peur. Mais nous seront tous transformés, nous nous serons rapprochés, j’en suis profondément persuadée : quand nous clôturerons ce chapitre, nos cœurs, eux, seront grands ouverts.

La pause, elle aussi, fait partie de la musique – Stefan Sweig

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Crédit photo Matthew Tkocz via Unsplash

Un commentaire sur “Ouvrir une parenthèse

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  1. Bonjour Anne , merci pour cette belle réflexion ! oui j’espère que ces évènements vont pénétrer nos coeurs et nos âmes et faire jaillir des étincelles et allumer un feu d’énergies nouvelles pour plus d’humanité !!

    On s’est rencontré à l’Agora , donc je mets un visage sur tes messages que j’apprécie !

    Merci à toi , belle journée et à bientôt

    Gisèle

    J'aime

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